Fitz-James


Fitz-James


Fitz-James est une commune française située dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Fitz-Jamois et les Fitz-Jamoises.

Géographie

Localisation

Fitz-James est situé à 60 km au nord de Paris, 26 km à l'est de Beauvais, 29 km à l'ouest de Compiègne et 57 km au sud d'Amiens. Il est à noter que la commune se trouve également proche du centre géographique de l'Oise.

Topographie et géologie

La commune s'étend entre 47 et 113 m au-dessus du niveau de la mer pour une altitude moyenne de 80 m. Le chef-lieu de Fitz-James se situe à 59 m. Le point le plus haut de la commune culmine au lieu-dit « le Saint-Ladre », à la limite avec la commune d'Erquery et le point le plus bas se situe dans les marais Brêche à la limite avec la commune de Clermont de l'Oise. Le territoire, dont le périmètre forme un pentagone irrégulier, est coupé par trois ravins (dont le fond de Béronne, à l'est) descendant au sud vers la Brêche qui coule au sud-ouest sur la limite.

La craie se montre dans la vallée de la Brêche, jusqu'à Fitz-James et contient beaucoup de fossiles sur le territoire. On voit des cailloux en abondance dans le parc du château de Fitz-James. On remarque également des dépôts d'argile fine, peu compacte, de couleur fauve. De larges bandes de terrains argileux font apparaître des graviers et limons anciens, sur la rive droite de la Brêche, au confluent de l'Arré, entre la commune et Breuil-le-Sec. Des alluvions modernes tapissent les vallées de la Brêche et de l'Arré. À l'est de la route qui mène de Clermont à Saint-Just-en-Chaussée, depuis Fitz-James jusqu'à Airion, on trouve un dépôt meuble limoneux, très argileux, exploité jadis sur le territoire pour la fabrication de briques et de tuiles. La commune se situe en zone de sismicité 1.

Hydrographie

Fitz-James est située sur la rive gauche de la Brêche, sous-affluent de la Seine prenant sa source à Reuil-sur-Brêche et se jetant dans l'Oise à Villers-Saint-Paul. Elle permet de délimiter la limite communale avec Clermont. Il s'agit du principal cours d'eau présent sur le territoire. Celle-ci se divise en plusieurs bras en amont du hameau du Grand-Fitz-James. L'Arré, prenant sa source à Saint-Just-en-Chaussée, conflue avec la Brêche à la limite sud-ouest du territoire. Son cours marque la limite communale avec Agnetz. La Béronnelle, prenant sa source à Erquery, passe dans le fond de Béronne, traverse l'annexe du CHSI puis se jettera dans la Brêche à Liancourt. Deux étangs se trouvent dans la commune : le premier en amont du Grand-Fitz-James et le second entre ce dernier hameau et le chef-lieu, appelé « étang des Nacots ». Les zones les moins élevées du territoire se situent au-dessus de plusieurs nappes phréatiques sous-affleurantes.

Voies de communications et transports

Réseaux routier

La commune est desservie par trois routes départementales : la D 916, la D 127 et la D 127E. Fitz-James est située au kilomètre 53 de la route nationale 16, ancienne route royale de Paris à Amiens. Cet itinéraire a été déclassée en départementale 916 entre Clermont et Breteuil. Il traverse une partie du hameau du Grand-Fitz-James par la rue Roland-Garros puis par la route Saint-Just, il se dirige ensuite vers Argenlieu. Une portion de la déviation de Clermont en voie express de la route nationale 31 traverse également une partie du territoire. Depuis cet axe, la commune est accessible par la sortie  Amiens / Clermont-nord / Saint-Just-en-Chaussée. La D 127 traverse la commune d'ouest en est en partant de l'angle entre la rue Roland-Garros (D 916) et de la rue Ernest-Renand. Elle passe ensuite par les rues Voltaire, Gambetta et Gustave-Prothais avant d'arriver sur la place de la république, en centre-ville. Cette route départementale quitte le chef-lieu par la rue Jean-Jaurès. La D 127E est également présente sur le territoire communal. Se séparant de la D 931 à Breuil-le-Sec, elle longe la route nationale 31 et rentre dans le chef-lieu par la rue Jules-Ferry. Elle se termine place de la République.

Voies ferrées et transports en commun

La gare ferroviaire la plus proche est celle de Clermont-de-l'Oise à 2 km au sud de la commune sur la ligne Paris-Nord - Lille. Le réseau des cars interurbains de l'Oise, exploité par Kéolis Oise, dessert la commune par les lignes LR33B reliant Clermont à Compiègne et Clermont à Catenoy par Breuil-le-Vert. Ces lignes ne fonctionnent que du lundi au vendredi, un service limité étant en plus proposé le samedi en période scolaire. Fitz-James est également desservie par une ligne de transports scolaires rejoignant les établissements secondaires de Clermont.

Les communes Agnetz, Breuil-le-Sec, Breuil-le-Vert, Clermont, Fitz-James et Neuilly-sous-Clermont, se dotent, le 15 décembre 2014, d'un réseau de transport urbain dénommé Lebus. Celui-ci est constitué de deux lignes d'autobus régulières reliant :

  1. Agnietz et Breuil-le-Sec, via notamment la gare de Clermont-de-l'Oise ;
  2. Fitz-James à Neuilly-sous-Clermont, en desservant également la gare de Clermont ;

ainsi que deux lignes de transport à la demande.

Ce réseau est géré par le Syndicat intercommunal des transports collectifs de l’agglomération clermontoise (SITAC), créé à titre transitoire et qui pourrait être intégré à terme dans la communauté de communes du Pays du Clermontois de manière à étendre le réseau à l'ensemble des communes concernées.

Accès aux aéroports

Fitz-James se situe à 43 kilomètres de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle et à 24 kilomètres de l'aéroport de Beauvais-Tillé. Il n'existe aucune liaison entre la commune et ces aéroports par des transports en commun.

Liaisons douces

Fitz-James est située au départ de la randonnée no 8 du GEP Centre Oise appelé Circuit des Neuf Fonds. D'une longueur de 30 kilomètres, il part de la place de la République et se dirige vers Erquery en passant par les rues Victor-Hugo et Pierre-Curie puis par la ferme du Bois Saint-Jean. Il longe ensuite le bois du même nom et le bois de la Frête. Le circuit revient dans la commune par le fond de Béronne puis rejoint la place de la République par les rues de Bécrel et Jean-Jaurès

Climat

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique altéré » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs.

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat complétée par des études régionales prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Airion », sur la commune d'Airion, mise en service en 1989 et qui se trouve à 4 km à vol d'oiseau,, où la température moyenne annuelle est de 10,9 °C et la hauteur de précipitations de 663,5 mm pour la période 1981-2010. Sur la station météorologique historique la plus proche, « Beauvais-Tillé », sur la commune de Tillé, mise en service en 1944 et à 24 km, la température moyenne annuelle évolue de 10,4 °C pour la période 1971-2000 à 10,6 °C pour 1981-2010, puis à 11,1 °C pour 1991-2020.

Milieux naturels

Hormis le tissu urbain, qui représente 10,7 % de la superficie de la commune, le territoire est constitué à 46,3 % de zones cultivées et à 35,1 % d'espaces boisés (344 hectares), que l'on retrouve tel que le bois du Parc (à l'ouest), le plus étendu, entre chef-lieu et l'Arré ou les bois de la Frête, de Béronne et Saint-Jean, tous contigus au nord-est. La Garenne de Villers et le Plant Chardon, à l'est, s'étendent jusqu'à Erquery par les coteaux du Fond de Béronne. Le bois dit du Vignoble domine le centre-ville. Enfin, quelques parcelles composent le fond de la vallée de la Brêche. Les vergers et prairies rassemblent 60 hectares (6,1 %) et les zones humides, mares et marais ne réunissent qu'1,8 hectare (0,2 %), concentrées près de la Brêche et de l'Arré. Les délaissés urbains et ruraux ainsi que les jardins et espaces verts concentrent 14,2 hectares, soit 1,5 % de la superficie totale de la commune,. Les bois de la Frête, de Béronne et Saint-Jean sont inscrits en Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type 1.


Urbanisme

Typologie

Fitz-James est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee,,,. Elle appartient à l'unité urbaine de Clermont, une agglomération intra-départementale regroupant 5 communes et 21 447 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue,.

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris dont elle est une commune de la couronne. Cette aire regroupe 1 929 communes,.

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (51,9 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (54,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (46,8 %), forêts (35,2 %), zones urbanisées (11,2 %), prairies (5,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,7 %).

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui).

Hameaux et lieux-dits

  • Le village, autrefois appelé Petit Fitz-James, situé sur la rive gauche de la Brêche
  • Le Grand Fitz-James, sur l'ancienne route nationale de Paris à Dunkerque(D 916)
  • Bécrel, écart à l'est du chef-lieu
  • La ferme du Bois Saint-Jean, situé sur un coteau au nord du territoire

Béronne était un hameau de Fitz-James, situé à un kilomètre et demi du village, près des sources de la Béronnelle. Les lieux-dits sont les suivants : la Clotterie, le Bois Saint-Jean, et les Reuyares au nord ; les Cerisiers, la Corne de Néry, le Plant Chardon, le Marais, la Croix Madame, le Noyer à l'est et la Croix-Rouge, la Minette, le Clos Gallois et le Vignoble au sud de la commune.

Morphologie urbaine

À la fin du XIXe siècle, le village appelé Petit-Fitz-James, comprenait 130 maisons, formant cinq rues principales qui aboutissaient à la place de la République actuelle, au cœur du chef-lieu. Le Grand Fitz-James était un hameau de 23 maisons groupées près de l'ancien château et sur la route nationale de Paris à Dunkerque (actuelle D 916). Il faisait partie, primitivement, de la paroisse d'Agnetz. Le hameau de Becrel, formait avec le lieu-dit de la Blanchisserie (actuel hôpital psychiatrique), établissement situé à l'angle de la route nationale de Rouen à Reims (ancienne route nationale 31, actuelle D 931) et du chemin de grande communication de Clermont à Gournay-sur-Aronde (actuelle D 37, déviée depuis) une dépendance importante de l'hôpital psychiatrique de Clermont. De nos jours, les hameaux du Grand Fitz-James et de Bécrel forment une seule agglomération rattachée au village. La commune fait partie de l'aire urbaine et de l'unité urbaine de Clermont totalisant 20 979 habitants en 2009.

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Garti en 1150, Vuarti en 1186, Warti en 1190, la cauchie de Wartie en 1263, Warty en 1303, Warty-Saint-Pierre en 1373, Ouartis en 1450, Warty-les-Clermonts au XVIIIe siècle et Fitz-James depuis 1710,.

L'ancien nom Warty était un type toponymique en -(i)acum, suffixe d'origine gauloise marquant la localisation, puis la propriété. Il est précédé du nom de personne germanique Warto, à moins qu'il ne s'agisse d'un nom gaulois ou gallo-romain influencé phonétiquement à l'initiale par le germanique plus tardivement v → w (français central g). La nature des formes anciennes ne permet pas de proposer le gallo-roman *WARACTIACU (dérivé en -iacum de *WARACTU, altération du latin vervactum, latin médiéval waractum, d'où guéret « terre en friche, en jachère », + -iacum).

Fitz-James s'est substitué à Warty en 1710 ou 1760 pour honorer Jacques, duc de Berwick, fils naturel de Jacques II, roi d'Angleterre,. Fitz est issu de l'ancien normand fiz « fils de » dans les anthroponymes de la noblesse normande médiévale. En Grande-Bretagne, il a fini par désigner par euphémisme le fils naturel d'un roi. En l'occurrence le roi James, James étant la forme anglaise de Jacques, issue elle-même de l'ancien français James (cf. Saint-James, Manche).

Le hameau de Bécrel est mentionné sous les formes Békerel[Quand ?], la cauchie de Becquerel[Quand ?] et Becquerel[Quand ?]. L'ancien hameau de Béronne est attesté sous les formes Bérone[Quand ?] et Bérogne[Quand ?]. La ferme du Bois Saint-Jean apparaît comme le Boz Saint-Jehan.

Histoire

Moyen Âge

Les premiers seigneurs portèrent le nom de Warty. Les titres d'Ourscamp nous font connaître, en 1143, Buridan de Warty et ceux de Froidmont mentionnent Raoul de Warty de 1190 et 1201 : Raoul fut, en 1197, un des témoins de la charte communale de Clermont et prit part, en 1202 à la quatrième croisade. Son fils, Renaud, hérita de la seigneurie. Pendant la seconde moitié du XIIIe siècle, Warty fut possédé par Marie, dame de Warty, qui fut mariée trois fois, avec Jean de Léries, Pierre Choisel et Dreux de Milly : elle voulut être enterrée à Froidmont. Jeanne de Milly, sa fille, eut après elle la terre de Warty. Au XIVe siècle, la seigneurie fut morcelée après le décès de Mathieu d'Épineuse qui en était le propriétaire et qui vivait en 1314 et en 1348. L'ancien hameau de Béronne était le siège d'une seigneurie importante, possédée en 1201 par Renaud de Béronne (qui alla à la quatrième croisade), en 1248, par Guillaume de Valescourt (son neveu), en 1332 par Guillaume de Béronne, en 1352 par Jean de Béronne (écuyer), en 1373 par Agnès de Béronne (sa fille), en 1539 par Florent Colleson, lieutenant de Béronne, Montdidier et de Roye, dont les descendants la gardèrent jusqu'en 1622, époque à laquelle elle fut acquise par Jean Ollier, seigneur de Nointel. Depuis le XVe siècle, il ne restait plus de l'ancien hameau qu'un manoir seigneurial et une ferme. Il y avait à Béronne une chapelle, sous l'invocation de Notre-Dame et Saint-Antoine, qui était à la nomination de l'évêque. La ferme du Bois Saint-Jean, fut, au XIIIe siècle, un couvent de religieux Trinitaires, qui leur donnèrent le nom de Saint-Jean, en l'honneur de Saint Jean de Matha, fondateur de leur ordre, mort en 1213. Il s'établirent en 1244 dans l'ancien hôtel-Dieu de Clermont, qui devint le couvent de Saint-André, mais conservèrent la propriété de la ferme du bois Saint-Jean jusqu'à la révolution française. Au milieu du XIIIe siècle, la seigneurie fut divisée en trois parties appartenant aux seigneurs d'Épineuse, de Choisy ou Soisy et de Maimbeville. Le fief d'Épineuse était le plus important des trois : il fut partagé vers 1400 entre Pierre d'Épineuse, écuyer, et Marie, sa sœur, femme de Jean de Coudun, dit Despert, écuyer. Celui-ci et sa femme vendirent en 1403 leur part au duc de Bourbon, qui la réunit au comté de Clermont. Le fief de Soisy appartenaît en 1397 à Jean Tristan de Soisy, qui fut à cette date, institué Grand maître de l'artillerie : Jeanne de Soisy, sa fille, épousa Guillaume de Campremy, dont elle eut Marguerite et Julienne, qui divisèrent entre elle cette portion de la seigneurie : la part de l'aînée fut nommée le fief de Soisy, et celle de la cadette, de fief de Lignères. Elles furent réunis en 1618. Les possesseurs du fief de Soisy se qualifièrent seuls les seigneurs de Warty. Marguerite de Campremy porta ce dernier fief en mariage à Faudard du Quesnel, leur fille, épousa Jean de la Bretonnière, dit « Gauvin », seigneur de Catillon, qui vivait encore en 1463. La seigneurie de Warty était passée dès 1462 à Gilles de Roye, chevalier. Jeanne de Roye, sa fille, dame de Warty, acquit du comte de Clermont le fief de Despert de Coudun, à l'exception des terres sises au-delà de la Brêche qui demeurèrent unies au comté. Jeanne de Roye épousa Hector de Dampierre. Joachim de Dampierre, leur fils vendit en 1480 la terre de Warty à Jean II de la Bretonnière, fils de Jean Ier et de Marguerite du Quesnel.

De la Renaissance au XVIIe siècle

Dès 1482, la seigneurie fut saisie et adjugée par décret à Guy Pot, chevalier, comte de Saint-Pol. Jean de Montmorency, son petit-fils vendit en 1514 la seigneurie de la tour de Warty à Pierre de la Bretonnière, fils de Jean II, qui avait déjà acquis les autres fiefs sis à Warty. Pierre de la Bretonnière-Warty fut le véritable créateur de la seigneurie de Warty : jouissant d'un grand crédit auprès de François Ier, dont il était le chambellan, il fut capitaine d'Arques et de Bayeux, gouverneur du bailli de Clermont, grand maître des eaux-et-forêts de France. Il obtint en mai 1537 la réunion de tous les fiefs lui appartenant dans le pays en un seul, sous le nom de fief de la tour de Warty. Il acheta en 1539 la terre de Fournival et, en 1547, celle d'Airion, et mourut en 1551, ayant amassé une grande fortune. De Yolande de Molitard, sa femme, il eut deux fils, dont l'aîné, Joachim, seigneur de Warty et vicomte de Crenelles, bailli et gouverneur de Clermont, quitta le nom de la Bretonnière pour celui de Warty. Il avait épousé Madeleine de la Suze, de ce mariage en sortirent Philippe et Françoise. Philippe, seigneur de Warty dès 1553, gentilhomme de la chambre du roi, épousa en 1575 Judith de Montberon, mais le mariage fut dissous par sentence de l'évêque de Beauvais à cause de la différence de religion des époux. Cette mesure rigoureuse irrita les esprits, et, sous ce prétexte, l'armée protestante fit de grands ravages dans la commune. Comme Philippe était mort sans enfants, la terre passa à Françoise, sa sœur, qui l'apporta en dot en 1578 à Françoise Faudoas de Sérillac, comte de Belin. Louis de Faudoas, leur fille, épousa en 1594 Claude de Gruel, seigneur de la Frette, qui devint, par mariage, seigneur de Warty, d'Airion et d'autres communes alentour. Il mourut à Warty en 1615 et sa veuve en 1637. Ces seigneurs étaient presque tous protestants, et le château de Warty était le rendez-vous ordinaire des chefs calvinistes de la région. Les ligueurs surveillaient également la région. Pierre de Gruel, fis de Claude, marquis de la Frette, seigneur de Warty, Airion et Fournival, lieutenant général des armées du roi, gouverneur de Chartres, laissa ses terres à son fils, Gaston, qui en fit hommage en 1661. Gaston de Gruel, marquis de la Frette, et Nicolas, son frère, après de nombreux duels, furent obligés de quitter la France. Leurs biens vinrent à leur dernier frère, Abel de Gruel, qui mourut mineur.

XVIIIe siècle : le duché de Fitz-James

Le duc de Fitz-James, Jacques Fitz-James duc de Berwick, maréchal de France et fils naturel de Jacques II, puis roi d'Angleterre acquit le château et la seigneurie communale en 1704 et a obtenu l'érection en duché-pairie en 1710 sous le titre de Fitz-James, la paroisse prit dès lors, suivant l'usage suivi pour les pairies, le nom de son seigneur qu'elle a conservé jusqu'à nos jours. René de Gruel, cousin germain d'Abel de Gruel, rendit hommage en 1693 pour Warty et ses dépendances. Il mourut aussi sans postérité et laissa cette terre à sa sœur Antoinette-Renée de Gruel, comtesse de Ribérac, qui en fit don à l'hôpital général de Paris. Les directeurs de cette maison et les héritiers bénéficiaires de la comtesse vendirent en 1704 la terre de Warty et ses dépendances à Jacques Fitz-James, duc de Berwick, fils naturel du duc d'York, depuis Jacques II, et d'Arabelle Churchill, sœur du duc de Marlborough. Le duc de Berwick servait depuis dix ans dans les armées de la France. En 1706, le roi le créa maréchal et l'envoya en Espagne où il gagna la bataille d'Almanza : pour le récompenser, Philippe V d'Espagne le nomma, en 1707, duc de Léria et de Xérica, et, trois ans après, en , Louis XIV érigea la terre de Warty en duché-pairie, sous le titre de Fitz-James, pour le maréchal et ses héritiers mâles. Le duché comprenait alors les terres de Warty, Airion et Fournival. Le maréchal y ajouta en 1711 celle d'Erquery. Il allait y joindre les seigneuries d'Étouy, Litz et La Rue-Saint-Pierre, qu'il a acquise en 1732 de Thomas Rivié, lorsqu'il fut tué d'un coup de canon le , au siège de Philipsbourg. De son mariage en secondes noces avec une Bulkeley, il eut plusieurs fils : François, l'un d'eux, d'abord gouverneur du Limousin, embrassa l'état ecclésiastique en 1727 et fut nommé évêque de Soissons en 1738. Il avait cédé en 1736 le duché de Fitz-James à Charles, son frère, qui devint, comme son père, maréchal de France. A sa mort en 1787, son fils Jacques-Charles hérita du duché qu'il cèda en 1790 à sa femme, elle-même héritière du domaine de Maillebois dans l'Eure-et-Loir. La terre de Béronne fut détachée en 1780 du marquisat de Nointel et acquise par le duc de Bourbon en 1787. Les constructions qui y subsistaient furent démolies durant ce siècle.

Révolution française et fin du duché

Les habitants choisirent pour députés en 1789 messieurs Poileux et Beudin. Le cahier qu'ils leur remirent renfermait les doléances suivantes : le sol de cette paroisse est de la culture la plus difficile, tant il est pierreux et montagneux. Il faut employer beaucoup de chevaux et le produit peut à peine faire subsister les habitants. Le vignoble ne suffit pas à produire la boisson nécessaire dans la commune, et les habitants sont obligés de s'en priver. Ce territoire, voisin des marais, a souvent eu à supporter les destructions amenées par les inondations et celles causées par les gelées. Le nombreux gibier qui abonde dans les bois qui entoure les champs mange les récoltes ayant échappé à la gelée. Le prix du sel, la multiplication des droits sur les boissons et les impôts retombant sur le tiers-état sont également cités. En 1789, on cultivait dix hectares de vignes à Fitz-James, en 1815, on comptait trois hectares, et un hectare en 1828. Les vignes ont entièrement disparu en 1836. Jacques-Charles, duc de Fitz-James, fils de Charles, était en 1789 pair de France, maréchal de camp, colonel propriétaire du régiment de Berwick-infanterie, gouverneur et lieutenant général du Limousin. Un an avant la Révolution, il a passé en revue son régiment à Fitz-James. Son fils Edouard en était le très jeune colonel. À la suite de leur émigration, le domaine a été confisqué et le château a été occupé par le dépôt du 25e régiment de cavalerie pendant trois ans puis par les réquisitionnaires des environs. Un régiment de bas-bretons a brisé les armoiries, enfoncé les portes des caves et bu tout le vin qu'il y avait encore. Le château a finalement été vendu au citoyen Boutron de Versailles qui l'a vendu à la démolition. Il aurait été démoli en 1809. On évaluait, en 1825, à 831 000 francs la valeur des propriétés du duc de Fitz-James adjugées au département de l'Oise. Édouard, fils de Jacques-Charles, étant rentré en possession de Fitz-James à la Restauration, fit reconstruire sur la colline, à cent mètres de distance de l'ancien manoir, un nouveau château. Il vendit en 1833 à Chrestien de Beaumini (ancien maire de Clermont) la terre de Fitz-James, qui appartient en 1890 à monsieur Stern, banquier. Elle a été entièrement transformée et embellie.

Du milieu du XIXe siècle à nos jours

Au milieu du XIXe siècle, les travaux agricoles de l'hôpital psychiatrique de Clermont avaient pris une ampleur considérable, sur une superficie de 10 hectares répartis aux environs de la ville. L'organisation du travail était devenue difficile à contrôler et la rentabilité de l'établissement était compromise, de sorte qu'il fallait élargir les capacités de production. C'est ainsi, et dans ces conditions, que fut créée en 1857 l'annexe de la colonie agricole de Fitz-James, au lieu-dit « la Blanchisserie », sur une propriété appartenant à monsieur Félix Guesnet, maire de Carlepont. La colonie, dirigée par Alexandre Labitte, comprenait une ferme, une section destinée aux pensionnaires femmes situées au « petit château » (près de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul), une blanchisserie, sur l'ancienne ferme de Bécrel à l'extrémité nord-ouest de la colonie. L'administration de cette annexe dépendait de l'asile de Clermont. Le personnel des deux sexes était réparti dans les différentes sections et encadrait les malades « dociles et valides » pour les différents travaux de la ferme de la blanchisserie. L'origine du nom de la Blanchisserie ne remonte pas bien haut : monsieur Jean Guesnet fonda cet endroit en 1797 un blanchisserie de toiles fines, qui ne tarda pas à devenir très importante. 75 ouvriers y étaient employés en 1807. Les toiles étaient étendues dans les prairies voisines. En 1890 la population était principalement agricole, il y avait une brasserie et un moulin à eau (qui existe toujours) au Grand Fitz-James. Un certain nombre de femmes et de filles travaillent pour la fabrique de corsets de Clermont. On comptait 446 habitants dans le chef-lieu, 137 habitants au Grand Fitz-James, 313 habitants à la Colonie (actuel hôpital psychiatrique), 3 habitants à Bécrel et 4 habitants à la ferme du Bois Saint-Jean. Cinq maisons du hameau du Pont-de-Pierre, faubourg de Clermont, situé à la limite de cette ville et de Fitz-James, appartenaient à la commune. Elles appartiennent aujourd'hui à la commune de Clermont.

Politique et administration

Découpage administratif

Fitz-James est une commune française de la région Hauts-de-France et du département de l'Oise, également l'une des 20 communes du canton de Clermont et situé dans l'arrondissement dirigé par la même ville.

Municipalité

Le conseil municipal est composé d'un maire, de cinq adjoints et de douze conseillers municipaux. La commune possède aussi un conseil municipal enfants (CME), élu pour deux ans.

Liste des maires

Tendances politiques

Les élections municipales ont été remportées en 2008, par Jean-Claude Pellerin, membre du Parti socialiste.

Aux élections présidentielles de 2002, Jean-Marie Le Pen (FN) arrive en première position avec 24,83 % des voix, il est suivi par Lionel Jospin (PS) avec 15,69 %. Jacques Chirac (RPR) est troisième avec 14,14 %. Arlette Laguiller (LO), se trouve à 8,45 %, Noël Mamère (Verts) arrive à 5 % des suffrages. Aucun autre candidat n'a dépassé 5 %.

Aux élections européennes de 2004, Henri Weber (PS) réunit 35,87 % des voix et est suivi de loin par Carl Lang (FN) avec 16,53. Jean-Louis Bourlanges (UDF) se trouve en quatrième position avec 9,42 % des voix et Tokia Saifi (UMP) réunit 7,93 %. Enfin, Hélène Flautre (Verts) se trouve avec 7,11 %. Aucun autre candidat n'a dépassé 5 %.

Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008.

En 2018, la commune comptait 2 562 habitants, en augmentation de 11,44 % par rapport à 2013 (Oise : +1,44 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (18,6 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois supérieur au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,2 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,8 % d’hommes (0 à 14 ans = 18 %, 15 à 29 ans = 17,7 %, 30 à 44 ans = 22,6 %, 45 à 59 ans = 23,8 %, plus de 60 ans = 18 %) ;
  • 50,2 % de femmes (0 à 14 ans = 17,7 %, 15 à 29 ans = 16,7 %, 30 à 44 ans = 21,7 %, 45 à 59 ans = 24,6 %, plus de 60 ans = 19,3 %).

Héraldique

Économie et vie locale

Commerces

Fitz-James a l'avantage de posséder une zone d'activités sur son territoire. Parmi les commerces qui la composent, on trouve : un supermarché accompagné d'une boucherie-charcuterie, 2 magasins de bricolages, et le même nombre pour les commerces de vêtements et de chaussures. On trouve également un commerce d'électroménager et de matériel audio-vidéo ainsi qu'un fleuriste et d'un magasin de meubles. Enfin, on peut trouver un magasin d'équipements du foyer et une boulangerie. En centre-ville, se situent une seconde boulangerie et un bar-tabac.

Lieux et monuments

Monuments historiques

La commune ne possède qu'un seul monument historique sur son territoire.

  • L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul : l'église, placée sous l'invocation de saint Pierre, est l'église du prieuré : la façade, le côté nord de la nef et une portion de chœur datent de la période de transition du roman au gothique ; tandis que dans l'archivolte du portail apparaît timidement l'arc brisé, la petite fenêtre qui se trouve au milieu de la façade est encore à plein cintre. Le côté méridional de la nef et une partie du chœur sont du XVIe siècle. À côté de l'abside et sur le même plan se trouve une chapelle latérale du XIVe siècle, éclairée par trois fenêtres gothiques et voûtée en pierre, servant aujourd'hui de sacristie ; elle était appelée la chapelle ducale, parce qu'elle était la propriété des ducs de Fitz-James. C'est sans doute l'ancienne chapelle fondée et dotée en 1339 par Jeanne de Milly, veuve de Philippe de Choisy, et dédiée à saint Jean-Baptiste ; elle était à la collation de l'évêque de Beauvais. Le titulaire de cette chapelle recevait le revenu de 36 pièces de terre à Cauffry, Soutraine et Laigneville, affermées 500 livres en 1789, et était tenu de dire 52 messes par an. Toutes les fenêtres de l'église étaient autrefois garnies de vitraux, dont il subsiste des fragments ; trois belles verrières du XVIe siècle garnissent encore les trois fenêtres de l'abside : au milieu, le Christ en croix et au pied Marie-Madeleine, deux autres femmes et des soldats ; l'âme du bon larron est emportée au ciel par un ange, tandis que celle du mauvais larron est portée en enfer par un diable ; dans la fenêtre de gauche, saint Pierre et saint Paul, patrons de la paroisse ; dans celle de droite, le tombeau du Christ, la Résurrection, et saint Christophe qui traverse une rivière portant l'enfant Jésus sur ses épaules. La conversion de saint Paul, vitrail d'un dessin très pur et d'un brillant coloris, orne une des fenêtres de la chapelle ducale.

Cette église fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le .

Autres monuments

  • Le château de Fitz-James : le jardin d'agrément du château est inscrit au pré-inventaire des jardins remarquables,.
  • Les moulins à eau
    • Moulin à eau du Grand Fitz-James du XIXe siècle
    • Moulin à eau du Petit Fitz-James du XIXe siècle
  • Étang des Nacots
  • Hôpital psychiatrique fondé au XVIIIe siècle
  • Monument aux morts, dans le cimetière, derrière l'église
  • Façade de maison avec le blason de Fitz-James, rue Victor-Hugo.

Équipements et services

Enseignement

Fitz-James dépend de l'académie d'Amiens. Parmi les établissements primaires, on compte :

  • Une école élémentaire (maternelle et primaire) de la Tuillerie
  • Une école élémentaire (maternelle et primaire) de la Béronelle

Le collège le plus proche est situé à Clermont à 3 km. Il n'y a pas d'enseignement privé.

Santé

La commune possède une annexe de l'hôpital psychiatrique (CHI) de Clermont. Elle occupe la limite est du territoire limitrophe avec Breuil-le-Sec.

Cultes

Pour le culte catholique, l'église Saint-Pierre est le seul lieu de culte de la commune. Elle est dépendante de la paroisse du Cœur du Christ dont l'église mère est l'église Saint-Samson de Clermont.

Sports

Depuis 2009, le centre aquatique de la communauté de communes du Pays du Clermontois a ouvert ses portes dans la zone artisanale de la Croix-Rouge faute de place à Clermont. La commune possède aussi deux terrains de tennis rue Louis-Aragon et un stade rue de Bécrel. L'A.S. Fitz-James est l'équipe de football communale.

Culture

En centre-ville, on trouve un petit centre culturel, proche de la mairie où ont lieu les activités communales (périscolaire, centre aéré...). On trouve également une salle des fêtes rue Louis-Aragon.

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

  • Liste des communes de l'Oise
  • Liste de communes de France dont le nom commémore une personnalité
  • Jacques Fitz-James
  • Jacques-Charles de Fitz-James
  • Château de Maillebois

Liens externes

  • Site officiel de Fitz James
  • Fitz-James sur le site de l'Institut géographique national
  • Ressources relatives à la géographie :
    • Insee (communes)
    • Ldh/EHESS/Cassini

Notes et références

Notes

Références

Ouvrages

  • A. Debauve et E. Roussel, Clermont et ses environs, Res Universalis, , 160 p.

Autres sources

  • Portail de l’Oise
  • Portail des communes de France

Fitz-James


Langue des articles



PEPE JEANS

Quelques articles à proximité